Méditation de 8 stations (station paire) du Chemin de croix
de notre Seigneur Jésus Christ
Commentaire introductif
Chers frères et sœurs en Christ, nous sommes réunis aujourd’hui, deuxième vendredi de carême pour
vivre l’amour indicible de Dieu pour nous. Cet amour vrai, c’est Jésus Christ qui nous le montre sur le chemin du calvaire. En acceptant notre condition humaine jusqu'à se faire dépouiller,
flageller et déchirer pour verser son sang, il donne sa vie en rançon pour le salut de nos âmes. Ce soir nous voulons suivre en esprit et en vérité ce sacrifice de notre Seigneur en huit (8)
stations. Au cours de cette méditation, laissons-nous toucher par l’exemple de celui qui nous montre la voie de l’amour véritable.
Puisse cette prière nous aider à surmonter les difficultés de notre vie de foi, d’espérance et de
charité pour suivre le chemin de la sainteté véritable du Fils de Dieu dans l’intention de ressusciter avec lui à Pâques.
Première station :
Jésus est condamné à mort
Les grands prêtres et les anciens persuadèrent la foule à réclamer la libération de Barabbas et
demander la mort de Jésus. Prenant la parole, le gouverneur leur dit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils dirent : « Barabbas ». Pilate
leur dit : « que ferai-je donc de Jésus que l’on appelle Christ ? » Ils dirent tous : « qu’ils soit crucifié ! » Il reprit : « quel mal a-t-il
donc fait ? » Mais ils criaient plus fort : « qu’il soit crucifié ! » Voyant alors qu’il n’aboutissait à rien, mais qu’il s’en suivait plutôt du tumulte, Pilate prit
de l’eau et se lava les mains en présence de la foule, en disant : « je ne suis pas responsable de ce sang… » Et tout le peuple répondit : « que son sang soit sur nous et
sur nos enfants ! » Alors il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, après l’avoir fait flageller, il le livra pour être crucifié (Mt 27, 20-26).
Seigneur Jésus, tu as été insulté par la foule dont tu avais guéri les malades. Tu as été condamné
par un homme, un homme comme nous, une de tes créature ; condamné quand tu étais innocent. Tes idées ont dérangé les hommes de ton temps. Il n’est pas facile d’entendre : « heureux
les doux, heureux les faibles, les pauvres ; aimez-vous les uns les autres, aimez même vos ennemis ». Mais en face de juge, Pilate qui te condamnait au milieu de cette foule qui
hurlait, tu es resté silencieux. Les princes des prêtres, les pharisiens et ton propre peuple t’entourent comme des « taureaux furieux ». Leurs péchés crient par leurs clameurs et
exigent tumultueusement la mort du juste : « crucifie-le ! »
Aujourd’hui encore, tes idées dérangent. Elles nous dérangent dans notre tranquillité, dans nos
actions d’injustice sociale, dans notre course effrénée aux richesses avec tous les moyens possibles et nous aussi, nous te condamnons. Nous nous taisons, nous nous dérobons, nous omettons
d’ouvrir nos yeux et nous fermons nos cœurs. Jésus, pardon pour nos compromissions, nos silences, notre inaction, notre éloignement de toi. Que la vertu de ta grâce produise en nos âmes un esprit
de soumission qui nous livre sans mesure et sans murmure au bon plaisir du Père.
Oraison :
Seigneur, en aimant les hommes jusqu'à envoyer ton Fils unique partager leur condition mortelle,
tu as pris le risque d'essuyer leur refus d'amour et leur méchanceté. Prends pitié de nous, qui livrons encore ton Fils, par nos manques d'amour, au jugement de Pilate et à la condamnation
injuste de la foule. Donne nous de comprendre, à la suite du Christ, qu'aimer c'est se rendre vulnérable et s'exposer à la souffrir. Et arme nous de patience pour supporter les incompréhensions
et les paroles injustes des autres à notre égard, à être indulgents et bons envers nos frères, et à savoir pardonner. Par Jésus le Christ notre Seigneur.
Deuxième station :
« Jésus est chargé de sa croix » (Mt 27,27-31)
« Nous pensions que Dieu l’avait puni. Or, il portait nos souffrances » (Is 53,2-4)
Que de souffrances, de peines, d’épreuves ! Seigneur Jésus, tu as connu l’abandon des tiens, de tes disciples, l’incompréhension des Apôtres, la trahison de
Judas, l’infidélité de Pierre, tu as souffert l’hostilité des soldats. Tout cela à cause de l’amour inestimable pour nous les hommes.
Aujourd’hui, à chacun de nous tu demandes de prendre sa croix, celle que tu lui adresses dans le contexte qui lui est propre. Que comme toi, chacun de nous puisse
dire : « Non pas ma volonté, mais la tienne ». Aide-nous Seigneur à réaliser que c’est par le chemin de la croix que nous devons passer pour arriver à toi. Seigneur, accorde ta
paix et ta clémence à ceux qui souffrent et à ceux que l’on fait souffrir.
Oraison :
Ô très miséricordieux Jésus, merci de nous donner un exemple saisissant de
courage.
En effet, nous avons, nous aussi chaque jour des fardeaux à porter: l'abandon de nos proches aux
moments où nous avons le plus besoin de leur soutien, la trahison de nos amis les plus intimes, l'infidélité de nos âmes sœurs, le chômage, la pauvreté, la maladie. Mais ce n'est pas toujours que
nous acceptons de porter dans la foi ces épreuves sans nous plaindre et rendre plus difficile la vie pour nos frères.
Or Seigneur tu nous dis: " Si quelqu'un veut être mon disciple qu'il prenne sa croix et qu'il me
suive". Accorde nous, assez de courage, de porter simplement nos peines, comme tu as porté ta croix, sans murmurer contre la volonté du père, qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint
Esprit pour les siècles des siècles. Amen!
Quatrième station:
Jésus rencontre sa mère
« Vois, dit Syméon à Marie, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de
beaucoup en Israël. Il sera un signe de division et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre » (Lc 2,34-35).
Marie identifie sa douleur à un feu qui la frappe (Lam 1, 12-13). Marie rencontre son fils
accablé et avec un visage défiguré. Ce fils qu’elle sait être Fils de Dieu, se présente à elle, maltraité et humilié comme un délinquant.
Aujourd’hui encore, nombreuses sont les femmes qui sont atteintes par le désespoir face aux
souffrances et aux échecs de leurs fils. Prions pour elles, afin que le Seigneur leur octroie les grâces nécessaires pour rester inébranlables dans leur vocation.
Qu’éclairées par la lumière de la vierge Marie, elles puissent supporter les souffrances de leurs
fils et s’unissent à eux pendant leurs situations difficiles.
Oraison :
Marie, notre Dame des douleurs, toi qui as accompagné ton Fils, condamné à
mort, sur le chemin du calvaire, regarde avec tendresse toutes ces mères qui souffrent à travers nos villes et villages, de l'abandon de leur mari, du sort judiciaire et carcéral de leurs enfants
et par ton intercession obtiens pour elles la force de dire oui à toutes les souffrances, comme tu l'as fait toi-même, pour que leur peines deviennent des actes d'amour.
Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.
Sixième station :
Le visage du Christ souffrant
« Il n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n’avait rien pour nous plaire. Il était méprisé abandonné de tous, homme de douleurs,
familier de la souffrance, et nous l’avons méprisé, compté pour rien » (Is 53,2-3).
Jésus souffre et se fait solidaire de toutes nos souffrances donnant ainsi un sens à notre
souffrance.
Aujourd’hui, demandons la grâce d’une profonde et véritable humilité. Considérons toutes les fois
où nous avons occuper la première place, avons refusé de mourit à nous-même, où nous n’avons pas fléchi le genou au nom de Jésus et laissons-nous saisir par Dieu qui se fait petit pour nous
rejoindre.
Jésus que notre orgueil a blessé, ne tiens pas compte de nos offenses mais prends pitié de
nous.
Oraison :
Père infiniment bon, par cet acte gratuit et plein de compassion de Véronique à
l'égard de ton Fils ployant sous le poids de la croix, tu nous appelles à ne pas rester indifférents face aux visages défigurés par la souffrance de nos frères, à faire quelque chose pour ces
malades qui meurent par manque de soins, ces gens seuls ou rejetés, ces vieillards abandonnés et ces prisonniers auxquels personnes ne rend visite.
Inspire nous des initiatives sans cesse renouvelées pour apaiser et soutenir leur douleur. Par
Jésus ton Fils notre Seigneur.
Huitième station:
Jésus console et exhorte les femmes de Jérusalem
"Le peuple, en grande foule suivait Jésus, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur
Lui. Il se retourna et leur dit: ' Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants! Car, si l'on traite ainsi l'arbre vert, que deviendra l'arbre sec?"
(Lc 23, 27-28+31).
Frères et sœurs, le Sauveur oublie ses souffrances pour se souvenir de la peine qui afflige les femmes de Jérusalem. Ce sont nos péchés qui pèsent sur Jésus: mon
refus à me convertir, ma double vie, mon manque de sérieux. Ce sont les mêmes choses qui reviennent et je ne change pas disons-nous souvent; je n'arrive pas à vivre en fils ou fille de
Dieu.
Oui, nous avons perdu le sens du péché: ''l'absentéisme au travail'' se justifie par ''empêchement", la mode
''Sexy" devient "bipage", le "vol" se nomme "pillage" et le
"détournement" se dit "se servir". Malgré ces mots nouveaux qui camouflent une certaine gravité des choses, la laideur du péché et sa puanteur
demeurent …
Pleurons donc nos péchés en demeurant dans cet amour que Jésus a révélé par sa douloureuse passion, par sa sainte croix et par son sacrifice.
Oraison :
Seigneur, bien qu'accablé par la souffrance, tu trouves la force de nous
regarder avec des yeux d'amour et de nous consoler. Donne-nous la force de vaincre tout ce qui nous fait méconnaître ton divin amour; inspire nous l'horreur de toute méchanceté et aide nous à
consoler les autre plutôt qu'à chercher à être consolés. Nous te le demandons à toi qui vis et règne pour les siècles des siècles. Amen!
Dixième station :
Jésus est dépouillé de ses vêtements
« Arrivés à un lieu dit Golgotha, c'est-à-dire dit du crâne, ils lui donnèrent à boire du vin
mêlé de fiel ; il en goûta et n’en voulut point boire. Quand ils l’eurent crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort. Puis s’étant assis, ils restaient là à le
regarder » (Mt 27,33-36).
« Ils se sont partagés mes vêtements et ils ont tiré ma robe au sort… » Cette prophétie
du psalmiste trouve en Jésus son accomplissement. Jésus est dépouillé de tout et mis dan nudité d’une pauvreté absolue. De ses épaules ensanglantées, la robe est arrachée. Les plaies à nouveau
s’ouvrent et saignent, et la douleur se répand sur son corps. Il était nu sur la paille et le voilà à nouveau dépouillé de tout pour mourir.
Au moment où tu es dépouillé, Seigneur, nous nous sentons encombrés de beaucoup de choses qui nous
empêchent de te rencontrer vraiment. Nous sommes parfois empêtrés dans nos relations, nos richesses, nos vies confortables, nos égoïsmes.
Ô Jésus, dépouille nous de toute attache à la création et à nous-mêmes pour que nos esprits
s’élèvent vers les réalités célestes.
Oraison :
Seigneur Jésus, les soldats, en te dépouillant de tes vêtements, voulaient te
tourner en dérision et bafouer ta dignité humaine. Mais tu te sers de cela aussi pour nous donner une leçon de dépouillement et de détachement des biens terrestres.
Nous te supplions humblement pour tous ceux qui ont perdu le sens de la pudeur et expose leur
corps. Accorde leur la grâce de savoir respecter la dignité de leur corps et remplis nous Seigneur, de ton Esprit Saint, afin qu'il arrache de nos cœurs l'amour effréné des biens de ce monde.
Nous te le demandons, à toi qui vis et règne avec le Père dans l'unité du Saint Esprit, pour les siècles des siècles. Amen!
Douzième station :
« Jésus meurt sur la croix » (Mt 27,45-54)
« Il est mort pour nos péchés, lui qui n’a jamais fait le mal » (Is 53, 8-10).
Le Christ Jésus crucifié est compté au rang des malfaiteurs, lui qui, de condition divine, s’est abaissé pour nous sauver. Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, pour
nous sauver, tu es venu parmi nous, et tu nous as donné l’exemple en t’abaissant jusqu’à mourir sur une croix.
Fais-nous croire Seigneur en ton pardon et en ton amour. Seigneur Jésus toi qui as offert ta vie pour nous, viens nous sauver. Accueille en ton paradis tous les
fidèles défunts.
Oraison :
Seigneur Jésus, toi qui as pardonné à tes bourreaux avant de mourir, donne-nous
le courage de pardonner pour qu'en notre cœur règne la paix, et de comprendre ceux qui nous ont du mal.
Toi qui as connu l'angoisse de la solitude, prends pitié de nous quand nous sommes découragés de
la vie et donne-nous d'aimer le Père en faisant jusqu'au bout sa volonté.
Toi qui as connu la mort, accueille auprès du Père tous ceux qui vont passer la mort aujourd'hui.
Nous te le demandons à toi qui vis et règne pour les siècles des siècles. Amen!
Quatorzième station :
L’ensevelissement de Jésus
« Joseph d’Arimathie, un notable juif, attend le royaume de Dieu. Il va trouver Pilate pour
lui demander le corps de Jésus. Pilate lui permit. Joseph achète un drap. Il descend Jésus de la croix, il l’enveloppe dans le drap et le place dans un tombeau creusé dans le rocher. Il roule la
pierre devant l’entrée. Marie de Magdala et une autre femme regarde » (Mc 15,43-47).
Tout est fini, le souffrant, l’offensé, le méprisé s’est endormi, ce n’est pas le moment d’être
triste, sa mort est le gage de notre vie et rien ne peut détruire notre espérance.
Oui le Seigneur nous a montré son amour ; sa disponibilité pour nous l’a conduit à la mort.
Notre vie ne vaut que par l’amour que nous manifestons à l’image du serviteur souffrant.
Comme Joseph d’Arimathie et les femmes qui accompagnent le Christ, soyons toujours disponibles
pour servir les mourants, les malades, les sans abris et les méprisés de notre société.
Aujourd’hui, ne condamne pas trop vite telle ou telle personne. Regarde ta faiblesse humaine et le
grand amour de Dieu pour tous et fais miséricorde.
Oraison :
Seigneur, notre Dieu, ton Fils Jésus s'est abaissé jusqu'à descendre dans une
tombe pour nous relever; il est mort pour nous faire vivre; qu'il nous réveille maintenant de tout sommeil, qu'il nous relève de toute mort pour que nous vivions pour toi et marchions vers ton
Royaume. Nous te le demandons, toi qui règnes avec lui et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen!
Commentaire conclusif
Chers frères et sœurs, ce chemin de croix qui nous a introduits pas à pas dans
le mystère de la Passion du Christ, nous a sons doute permis de prendre conscience de la nocivité et de la gravité de nos péchés mais surtout de méditer ces paroles du prophète Isaïe: " C'étaient
nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé" (Is 53,4).
En effet, sur la croix, Jésus a revêtu nos faiblesses pour nous en guérir, il guérit nos troubles
par les siens et prend nos infirmités. Par là, il nous enseigne à mettre notre espérance en lui, à porter nos faiblesses à sa croix pour qu'il nous remplisse de sa force à lui. Car par sa passion
non seulement il pardonne nos faiblesses mais aussi, il fortifie toujours plus nos âmes et nous greffe sur lui.
Alors, ne nous lassons pas de pousser des cris d'appel à Jésus en croix pour lui demander de nous
prendre en pitié, de nous secourir et de nous guérir.
Puissions-nous tout au long de cette semaine, confier nos cœurs avec ses plaies, ses misères, ses
besoins, à son cœur ouvert par la lance, et nous laisser modeler et guider par lui pour la plus grande gloire de Dieu et le salut du monde.
[1] Ab. Olivier Poly LOMPO, diacre.