Dimanche 18 mai 2008

 Jn 21, 15-19

           

A la lecture de cette page d’évangile, point n’est besoin d’être politologue pour lire la déception combien grande dans le camp du jeune apôtre Jean, candidat à l’investiture de la primature apostolique. Pourtant, en toute objectivité il devait passer haut les mains devant le seul rival sérieux du groupe, Simon surnommé Pierre. Et pour cause, il est de la trempe de Barak Obama c'est-à-dire jeune, beau, intelligent, mais aussi assez bon pêcheur pour être un excellent pêcheur d’homme ; sans compter qu’il jouit de la faveur affective de Jésus. Alors que Pierre est non seulement vieux et fatigué, mais en plus son niveau d’instruction ne lui laissait aucune chance.

 

            Et voilà que contre tout attente, celui dont on croyait être au plus bas dans les sondages et dont le triple reniement avait fait chuter la côte de popularité vient d’être consacré primat des apôtres, chargé de conduire tout le troupeau du maître. Et cela à l’issu d’un test pour le moins surprenant. Rien sur le leadership, la bonne gouvernance, la politique extérieure et intérieure. Tout était axé sur l’amour, posé comme condition essentielle et préalable à toute charge pastorale et à tout effort d’évangélisation.    
           Chers lecteurs, cette investiture, qui s’enracine et se déploie dans la relation personnelle au Christ, allait vraiment ressembler à une véritable promotion couronnant l’endurance de l’apôtre si Jésus n’avait pas ajouté ceci : « Quand tu étais jeune tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettras ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller » . Et l’évangéliste s’empresse d’ajouter que Jésus signifiait par là le genre de mort par lequel Pierre allait rendre gloire à Dieu.

            Oui ! Pierre ne se fait pas d’illusions. Il comprend sans d’autres explications qu’il vient d’être investi d’un rôle de serviteur qui va le conduire au dessaisissement de sa liberté, au don total de sa vie à l’instar du maître, pour le bien du troupeau dont il vient de recevoir la charge.

            Tout au long de la cinquantaine pascale, le ressuscité a pu s’enquérir du degré d’attachement de chacun de nous à son égard. Il nous a soumis au même test que Pierre : « Pierre claver, Jean, Jeanne, Janine…est-ce que tu m’aimes ?  » C’est donc en connaissance de cause qu’il parle ce matin à ton cœur en te disant : « j’ai un poste pour toi aussi, l’accepteras tu ?  ».

            A vrai dire, le poste que le Seigneur te propose est, pour ainsi dire, stratégique pour la réalisation de sa politique extérieure. Il s’agit d’un poste d’ambassadeur auprès de ceux qui vivent avec toi et autour de toi. Puisses-tu prendre au sérieux le cahier de charges à toi confier, dont les grands traits sont ainsi formulés : Témoignes de la résurrection par ta manière d’être, répands sans tarder la Bonne Nouvelle , sois un médium puissant d’amour, de joie et de bonheur dans ton milieu de vie.

            La réalisation de cette mission va sans doute nous demander un surplus de travail, d’effort et un don de soi de plus en plus total. Mais ne craignons pas. Le maître promet de nous envoyer une aide, son Esprit saint avec qui nous sommes appelés à travailler en synergie, et en qui nous pouvons avoir le numéro du téléphone vert du Seigneur, pour le joindre permanemment et traiter les dossiers les plus lourds et les plus brûlants.

            Disposons donc nos cœurs à l’accueillir pour obtenir le courage nécessaire de parler de ce Jésus Christ qui est mort et ressuscité pour le salut de l’humanité, et que nous témoignions qu’il a transformé nos vies.

            Viens, Esprit Saint remplir nos cœurs de ta charité parfaite pour que l’amour soit à jamais inscrit sur les frontons de nos ambassades.

              

 

 

 

par LOMPO Olivier Poly publié dans : Méditations communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Samedi 15 mars 2008

Homélie du quatrième dimanche de Pâque/ Année A

Réf : Ac 2,14a.36-41 ; Ps 22 ; 1P2, 20b-25 ; Jn 10, 1-10

 

            Chers frères et sœurs en Christ, qui parmi nous n’a jamais rêvé d’être directeur de son service, de devenir leader ou chef de fil de son parti politique de son syndicat, de devenir le PDG de son entreprise, de devenir manager de sa chorale, le grand responsable de son mouvement d’action. Beaucoup de personnes voudraient en effet voir naître en eux des potentiels de leaders à l’instar des grands leaders charismatiques et révolutionnaires de notre histoire, tels que Martin Luther King, Mahatma Gandhi, Ce Gievara, ou plus près de nous Thomas Sankara. C’est ainsi que surgissent souvent des leaders de tout bord se disant capable de vous faire sortir de votre misère et vous invitant par conséquent à les suivre pour qu’ils vous amènent à boire directement à la source du bonheur. Dans le domaine religieux, en particulier, où prolifèrent de toute part des sectes, il n’est pas rare de rencontrer des gourous et de vrais faux prophètes qui vous proposent un raccourci pour résoudre tous vos problèmes d’emploi, de foyer et de santé.

            Cette ambiance dans laquelle notre quotidien est plongé engendre, à n’en pas douter, une incertitude trouble dans bien des cœurs : On ne sait plus à quel saint se vouer pour parvenir au grand bonheur auquel aspire pourtant notre cœur de toutes ses forces.

            Frères et sœurs bien aimés de Dieu, les textes liturgiques de ce quatrième dimanche de pâques nous y orientent résolument. Dans l’évangile selon st Jean que nous venons d’écouter, le Christ est présenté comme le berger et la porte de la bergerie , autrement dit comme le seul leader et l’unique manager qui ait donné aux hommes pour les conduire au bonheur de la vie ici bas et de celle de l’au-delà, ainsi qu’il le dit lui-même : « Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance  ».

            En recourant à la métaphore du berger pour se désigner lui-même, Jésus reprend en fait une image bien connue de ses interlocuteurs pour les amener à découvrir son identité profonde. En effet, dans l’expérience juive, le berger est à la fois un chef et un compagnon. C’est un homme fort capable de défendre son troupeau contre les bêtes sauvages mais aussi délicat envers ses brebis. C’est, sous cet angle que Yahvé est le chef et le père d’Israël, son troupeau, qu’il fait paître lui-même en lui confiant des pasteurs. Mais les pasteurs d’Israël se sont montrés infidèles à leur mission : ils se paissaient eux-mêmes au lieu de s’occuper du troupeau, laissant les brebis s’égarés et se disperser. Dès lors, Yahvé va reprendre en main son troupeau pour le pourvoir de pasteurs selon son cœur. Et d’après le prophète Ezéchiel, il n’y aura plus qu’un seul pasteur, nouveau David, avec Yahvé pour Dieu (Ez 34,23ss). De fait, le titre de pasteur ou berger est un titre réservé au nouveau David, c'est-à-dire, le messie sauveur. Voilà pourquoi Jésus déclare que tous ceux qui sont intervenus avant lui, sont tous des voleurs et des bandits.

            En s’affirmant alors le berger qui entre par la porte de la bergerie, Jésus s’oppose à tous les perfides et mauvais pasteurs et à tous les fléaux de la bergerie : notamment, le démon à l’image du loup qui cherche à dévorer les brebis ; le voleur à l’image des gourous des sectes qui n’entrent pas par la porte ordinaire, et se déguisent en pasteur pour tromper et voler les brebis ; le mercenaire qui dans le danger se sauve et ne défend pas les brebis. Par contre, lui Jésus, le seul vrai berger , veut avant tout sauver ses brebis et les défendre contre leur ennemi du dehors, le démon et contre eux-mêmes en ramenant la brebis perdue sur ses épaules.

            Oui ! Jésus est donc la bonté de Dieu venue sur la terre, le leader par excellence qu’il nous faut. Comment ne pas le reconnaître ? Pourquoi ne pas aller à lui sans réserve pour célébrer la vie qu’il nous donne en surabondance ? N’est ce pas ce que le psalmiste a compris quand il chante: « Le Seigneur est mon berger je ne manque de rien, sur des près d’herbe fraîche il me fait reposer. Alléluia… »

 

            Frères et sœurs en Christ, bienheureux ceux qui font partie du bercail de Jésus, car « ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom  ». Il connaît à fond et distinctement chacune d’entre elles, non seulement l’extérieur, l’apparence, mais l’intérieur, le fond ; non seulement les actes et les paroles mais les sentiments, les pensées, les désirs ; non seulement les péchés, les oublis, les erreurs, mais aussi, avec la contrition, les essais de redressement, les appels au secours ; non seulement les joies et les triomphes, mais les peines, les souffrances et les impuissances. Il connaît donc tout en nous, non comme un juge pour condamner, mais comme un médecin qui peut et veut guérir, comme un père aimant qui peut et veut secourir, pardonner et relever. Quelle assurance pour nous d’être ainsi connu, compris, possédés par la bonté elle-même. Et ce n’est pas tout, car Jésus ne se contente pas de me connaître. Il tient à se faire bien connaître de moi pour que je ne risque pas de courir après les bergers. Mais alors, comment être de bonnes brebis digne d’un tel berger ?

            Il nous faut nous disposer à entendre la voix du berger. L’entendre non pas une fois ou l’autre, mais toujours. Aussi nous ne devons pas opérer des choix dans ses paroles en acceptant uniquement les douces, les agréables, les prometteuses et refusant celles qui parlent de devoirs austères ; consentant à celles qui nous encouragent ou nous félicitent mais repoussant celles qui nous redressent et nous corrigent. Il faut tout entendre : « Que celui qui a des oreilles pour entendre, a dit Jésus, s’en serve pour entendre  ».

            Bien aimés de Dieu, si nous avons reconnu Jésus comme le leader qu’il nous faut il nous reste maintenant à le laisser manager notre vie. Pour ce faire, nous devons nous garder de le délaisser pour aller paître ailleurs et accueillir sans attendre l’exhortation de l’apôtre Pierre à nous adresser : « Convertissez-vous…détournez-vous de cette génération égarée, et vous serez sauvés  ».

            Oui ! Nous serons sauvés par l’unique berger qui sur « le bois a porté nos péchés en nous ouvrant la source de la vie  ». Par le baptême nous y avons été plongés et en sommes renés. Mais si notre existence reste en butte aux incompréhensions et aux coups malgré nos bonnes actions, ne nous décourageons pas, tenons bon pour ainsi rendre hommage à Dieu. Car c’est bien à cela que nous avons été appelés, puisque le Christ lui-même a souffert pour nous et nous a laissé son exemple afin que nous suivions ses traces.

 

            Demandons en cette Eucharistie la grâce de la disponibilité à Jésus notre berger, pour qu’il nous apprenne à le suivre en toute confiance et à mourir au péché pour vivre dans la justice et recevoir le don de l’Esprit.

            Pour chacun de nous, c’est aujourd’hui le tems de suivre à fond le berger, d’œuvrer à ne pas perdre de vue le Royaume de Dieu, ce projet de communauté que le Christ nous appelle à créer avec lui pour que chacun ait la vie et qu’il l’ait en abondance.

            Que par Jésus le Christ notre Seigneur, Dieu écoute et exauce nos prières.

Amen !

 

Abbé Olivier Poly LOMPO

Diacre, grand séminaire

St. Jean Baptiste, Ouagadougou

 

par LOMPO Olivier Poly publié dans : Homélies communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Samedi 8 mars 2008

HOMELIE DU CINQUIEME DIMANCHE DE CAREME

Réf : Ez 37, 12-14 ; Ps 129 ; Rm 8, 8-11 ; Jn 11, 1-45

 

Un matin, à la sortie d’une messe dominicale, j’ai surpris dans l’enceinte de la paroisse, une chaude discussion entre un homme et sa femme. La discussion était telle que je n’ai pas pu m’empêcher de les écouter.  

D’un air sombre, le monsieur avait commencé à se plaindre de la longueur de la célébration à laquelle ils venaient tous deux de participer avant de dire à sa femme :

- « C’est tout ça qui fait que je te disais de ne pas me déranger ce matin avec tes histoires d’aller ensemble à la messe là !».

- « Oh ! Chéri, n’exagère rien, répliqua la femme, la cérémonie n’a pas été aussi longue que ça. C’est juste qu’il y avait beaucoup d’annonces aujourd’hui. Tu comprends ça non ? »

- « Oui ! Je sais, ajouta le monsieur. Mais ce n’est pas seulement la longueur des cérémonies qui m’indispose dans l’affaire des curés là ! ».

- « Quoi d’autre ? Repris la femme ».  Et le monsieur de confier :

- « Franchement, pour dire la vérité, je n’aime pas leur façon de s’accommoder à la misère et à l’injustice, à la souffrance et surtout à la mort, jusqu’à en faire même un tremplin vers Dieu et un argument en faveur de la foi. Vraiment rassembler des gens pour leur dire que celui qui croit en Jésus ne moura pas, je pense que là les curés dépassent les limites du tolérable. Vois-tu, même si on raconte l’histoire de la résurrection de Lazare comme c’était le cas aujourd’hui, pour appuyer leur affaire là, ça ne tient pas du tout la route. Je n’ai pas été là bas hein ! Mais je crois bien que cette résurrection n’a pas donné l’éternité sur cette terre à Lazare. N’est-ce pas ! Qu’on arrête alors de nous mener en bateau et d’appeler les choses par leur nom : la mort disons le, sans se voiler la face, est une réalité monstrueuse, injuste, et qui ne laisse pas la place à l’espérance. Et je ne suis pas le seul à penser ainsi. Tiens ! Le philosophe Aristote par exemple disait que de toutes les horreurs, la plus terrible est la mort ». A ces mots, la femme l’interrompu en disant :

-  « Arrête tes hérésies, chéri. Si tu lisais un peu la Bible comme moi tous les soirs avant de te coucher, tu ne dirais pas que la mort est injuste comme si elle était un point final, alors qu’elle est seulement un passage. Regarde, l’autre soir, je voulais te montrer ma trouvaille et tu ne m’as pas écouté. En effet, j’ai trouvé dans le livre de la sagesse un passage qui m’avait beaucoup intéressé, on y lisait : « Les âmes des justes sont dans la main de Dieu et nul tourment ne les atteindra plus. Aux yeux des insensés, ils passèrent pour morts et leur départ sembla un désastre, leur éloignement une catastrophe, pourtant ils sont dans la paix » (Sg 3, 1-3). Et un autre passage dit ceci : « Dieu n’a pas fait la mort et il ne prend pas plaisir à la perte des vivants, car il a créé tous les êtres pour qu’ils subsistent… » (Sg 1, 14). Et puis, ton philosophe là, c’est parce qu’il n’avait pas connu et entendu Jésus qu’il désespérait de la mort. Il n’avait pas entendu cette affirmation de l’Apocalypse : « heureux les morts qui meurent dans le Seigneur » ou st. Paul se lamenter et soupirer : « je désire partir pour être avec le Christ et pour moi vivre, c’est le Christ et la mort m’est un gain » ; ou bien encore Jésus lui-même déclarer solennellement : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne moura jamais ». Alors, moi je pense que le Seigneur est fidèle ; je suis sûr qu’il n’abandonne jamais ceux qui ont mis toute leur confiance en lui ; mais il les garde comme la prunelle de son œil. Car il est le Maître de la vie et celui de la mort : et pour lui rien n’est mort, mais toutes choses qui sont unies à lui vivent par la foi ».

- Ok ! Repris le monsieur  tout en faisant remarquer : « Ce que tu me dis là n’est pas tout à fait dépourvu de sens. Mais penses-tu qu’il est si facile de croire et d’espérer ? En tout cas, moi je ne cache pas ma difficulté. Peut être, tu pourras me dire comment toi tu y arrives pour que je puisse m’y accrocher moi aussi ».

- « Sans faute, chéri, rétorqua la femme avant d’ajouter, si tu veux vraiment on poursuivra cette discussion à la maison ; et peut être qu’on pourra revenir demander plus de lumière à ce propos  aux curés. Pour l’instant rentrons vite à la maison, les enfants nous attendent. »

 

            Chers frères et sœurs en Christ, cette discussion est révélatrice des angoisses qui nous tenaillent devant la question de la mort. En tout cas, en ce qui me concerne, si je connaissais l’adresse de la dame, je lui aurais envoyé des mots de remerciement. Car non seulement elle a su éclairer la lanterne de son mari mais aussi la nôtre, sur ce sujet délicat qu’est la mort.

La mort, on le sait est inéluctable, elle se trouve programmée en notre corps. L’Eglise ne l’ignore pas, elle qui, le mercredi des cendres, nous rappelait que nous sommes poussière et retournerons en poussière. Mais ce n’est pas là le dernier mot de Dieu, car le Dieu auquel nous croyons est le Dieu vivant, et st. Paul nous dit dans la deuxième lecture que « si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en nous, celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à nos corps mortels par son Esprit qui habite en nous ».

Frères bien aimés de Dieu, cette conviction trouve son fondement dans les paroles même de Jésus : « Je suis la résurrection et la vie ». Déjà, le prophète Ezéchiel, dans la première lecture, avait eu le présentement que la résurrection serait le miracle de l’amour de Dieu pour ceux qu’il aime : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir, ô mon peuple ».

Oui, en ressuscitant Lazare, Jésus se révèle comme celui qui donne la vie. Croire donc en lui comme Fils de Dieu, c’est croire que celui qui s’attache à lui ne moura jamais. De faite, la confession de foi des chrétiens ne saurait être différente de celle de Marthe : « Oui Seigneur tu es le messie, je le crois : tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ». Une telle foi et une telle espérance devraient transfigurer toute notre vie présente et nous aider à surmonter toutes les épreuves et contradictions de ce temps. Si en effet, nous sommes accablés par le deuil, si nous avons perdu tout espoir devant la maladie qui malgré les soins s’aggrave, si nous avons échoué à des examens malgré nos demandes de messe, attendu en vain l’âme sœur malgré les multiples neuvaines effectuées, on aurait l’impression que le Seigneur est absent et on ne pourrait s’empêcher de dire « Seigneur si tu avais été là, tous les problèmes qui m’empêchent de dormir en paix, ne m’auraient pas tomber dessus ».

Mais, rassurons nous, le Seigneur n’est pas absent dans notre vie, il est là et il veille au grain, il se laisse toucher par notre galère, nos misères. Il fait de nos préoccupations les tiennes, car il nous aime d’un amour, si grand, à tel point que l’évangile nous dit qu’il n’a pas pu s’empêcher de pleurer devant la douleur des sœurs de Lazare. Voilà pourquoi il ressuscite Lazare, pour nous rassurer que la vie présente n’est pas l’antichambre de la mort, mais celle de la cité des cieux où nous partagerons éternellement la vie même de Dieu.

Frères et sœurs en Christ, une telle espérance ne peut pas ne pas se manifester dans notre comportement de tous les jours. Manifestons la donc en vivant joyeux à la suite du Christ, confiant qu’il nous conduira au vrai bonheur. Et si les soucis de la vie présente nous plongent dans l’abîme de la mort et du désarroi, disons avec le psalmiste « des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur ; Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière. »

Demandons à Dieu en cette eucharistie la grâce d’une foi inébranlable et d’une espérance sans faille, pour témoigner de lui tout au long de notre existence.

Seigneur, fortifie mon espérance et ma foi, qu’elles transfigurent mon existence, qu’elles donnent à ceux qui me rencontrent de te chanter et de te louer, d’espérer et de croire. Par  Jésus le Christ notre Seigneur.

 

Abbé Olivier Poly LOMPO

par LOMPO Olivier Poly publié dans : Homélies communauté : Catholique penseur
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Mercredi 13 février 2008
Méditation de 8 stations (station paire) du Chemin de croix
de notre Seigneur Jésus Christ
 
Commentaire introductif
 
            Chers frères et sœurs en Christ, nous sommes réunis aujourd’hui, deuxième vendredi de carême pour vivre l’amour indicible de Dieu pour nous. Cet amour vrai, c’est Jésus Christ qui nous le montre sur le chemin du calvaire. En acceptant notre condition humaine jusqu'à se faire dépouiller, flageller et déchirer pour verser son sang, il donne sa vie en rançon pour le salut de nos âmes. Ce soir nous voulons suivre en esprit et en vérité ce sacrifice de notre Seigneur en huit (8) stations. Au cours de cette méditation, laissons-nous toucher par l’exemple de celui qui nous montre la voie de l’amour véritable.
            Puisse cette prière nous aider à surmonter les difficultés de notre vie de foi, d’espérance et de charité pour suivre le chemin de la sainteté véritable du Fils de Dieu dans l’intention de ressusciter avec lui à Pâques.
 
 
Première station :
Jésus est condamné à mort
 
            Les grands prêtres et les anciens persuadèrent la foule à réclamer la libération de Barabbas et demander la mort de Jésus. Prenant la parole, le gouverneur leur dit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils dirent : « Barabbas ». Pilate leur dit : « que ferai-je donc de Jésus que l’on appelle Christ ? » Ils dirent tous : « qu’ils soit crucifié ! » Il reprit : « quel mal a-t-il donc fait ? » Mais ils criaient plus fort : « qu’il soit crucifié ! » Voyant alors qu’il n’aboutissait à rien, mais qu’il s’en suivait plutôt du tumulte, Pilate prit de l’eau et se lava les mains en présence de la foule, en disant : « je ne suis pas responsable de ce sang… » Et tout le peuple répondit : « que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! » Alors il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, après l’avoir fait flageller, il le livra pour être crucifié (Mt 27, 20-26).
 
            Seigneur Jésus, tu as été insulté par la foule dont tu avais guéri les malades. Tu as été condamné par un homme, un homme comme nous, une de tes créature ; condamné quand tu étais innocent. Tes idées ont dérangé les hommes de ton temps. Il n’est pas facile d’entendre : « heureux les doux, heureux les faibles, les pauvres ; aimez-vous les uns les autres, aimez même vos ennemis ». Mais en face de juge, Pilate qui te condamnait au milieu de cette foule qui hurlait, tu es resté silencieux. Les princes des prêtres, les pharisiens et ton propre peuple t’entourent comme des « taureaux furieux ». Leurs péchés crient par leurs clameurs et exigent tumultueusement la mort du juste : « crucifie-le ! »
            Aujourd’hui encore, tes idées dérangent. Elles nous dérangent dans notre tranquillité, dans nos actions d’injustice sociale, dans notre course effrénée aux richesses avec tous les moyens possibles et nous aussi, nous te condamnons. Nous nous taisons, nous nous dérobons, nous omettons d’ouvrir nos yeux et nous fermons nos cœurs. Jésus, pardon pour nos compromissions, nos silences, notre inaction, notre éloignement de toi. Que la vertu de ta grâce produise en nos âmes un esprit de soumission qui nous livre sans mesure et sans murmure au bon plaisir du Père.
 
Oraison :
            Seigneur, en aimant les hommes jusqu'à envoyer ton Fils unique partager leur condition mortelle, tu as pris le risque d'essuyer leur refus d'amour et leur méchanceté. Prends pitié de nous, qui livrons encore ton Fils, par nos manques d'amour, au jugement de Pilate et à la condamnation injuste de la foule. Donne nous de comprendre, à la suite du Christ, qu'aimer c'est se rendre vulnérable et s'exposer à la souffrir. Et arme nous de patience pour supporter les incompréhensions et les paroles injustes des autres à notre égard, à être indulgents et bons envers nos frères, et à savoir pardonner. Par Jésus le Christ notre Seigneur.
 
 
 
Deuxième station :
« Jésus est chargé de sa croix » (Mt 27,27-31)
 
« Nous pensions que Dieu l’avait puni. Or, il portait nos souffrances » (Is 53,2-4)
Que de souffrances, de peines, d’épreuves ! Seigneur Jésus, tu as connu l’abandon des tiens, de tes disciples, l’incompréhension des Apôtres, la trahison de Judas, l’infidélité de Pierre, tu as souffert l’hostilité des soldats. Tout cela à cause de l’amour inestimable pour nous les hommes.
Aujourd’hui, à chacun de nous tu demandes de prendre sa croix, celle que tu lui adresses dans le contexte qui lui est propre. Que comme toi, chacun de nous puisse dire : « Non pas ma volonté, mais la tienne ». Aide-nous Seigneur à réaliser que c’est par le chemin de la croix que nous devons passer pour arriver à toi. Seigneur, accorde ta paix et ta clémence à ceux qui souffrent et à ceux que l’on fait souffrir.
 
Oraison :
         Ô très miséricordieux Jésus, merci de nous donner un exemple saisissant de courage.
            En effet, nous avons, nous aussi chaque jour des fardeaux à porter: l'abandon de nos proches aux moments où nous avons le plus besoin de leur soutien, la trahison de nos amis les plus intimes, l'infidélité de nos âmes sœurs, le chômage, la pauvreté, la maladie. Mais ce n'est pas toujours que nous acceptons de porter dans la foi ces épreuves sans nous plaindre et rendre plus difficile la vie pour nos frères.
            Or Seigneur tu nous dis: " Si quelqu'un veut être mon disciple qu'il prenne sa croix et qu'il me suive". Accorde nous, assez de courage, de porter simplement nos peines, comme tu as porté ta croix, sans murmurer contre la volonté du père, qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint Esprit pour les siècles des siècles. Amen!
 
Quatrième station:
 Jésus rencontre sa mère
 
            « Vois, dit Syméon à Marie, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre » (Lc 2,34-35).
 
            Marie identifie sa douleur à un feu qui la frappe (Lam 1, 12-13). Marie rencontre son fils accablé et avec un visage défiguré. Ce fils qu’elle sait être Fils de Dieu, se présente à elle, maltraité et humilié comme un délinquant.
            Aujourd’hui encore, nombreuses sont les femmes qui sont atteintes par le désespoir face aux souffrances et aux échecs de leurs fils. Prions pour elles, afin que le Seigneur leur octroie les grâces nécessaires pour rester inébranlables dans leur vocation.
            Qu’éclairées par la lumière de la vierge Marie, elles puissent supporter les souffrances de leurs fils et s’unissent à eux pendant leurs situations difficiles.
 
Oraison :
         Marie, notre Dame des douleurs, toi qui as accompagné ton Fils, condamné à mort, sur le chemin du calvaire, regarde avec tendresse toutes ces mères qui souffrent à travers nos villes et villages, de l'abandon de leur mari, du sort judiciaire et carcéral de leurs enfants et par ton intercession obtiens pour elles la force de dire oui à toutes les souffrances, comme tu l'as fait toi-même, pour que leur peines deviennent des actes d'amour.
            Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.
 
 
Sixième station :
Le visage du Christ souffrant
 
« Il n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n’avait rien pour nous plaire. Il était méprisé abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, et nous l’avons méprisé, compté pour rien » (Is 53,2-3).
 
            Jésus souffre et se fait solidaire de toutes nos souffrances donnant ainsi un sens à notre souffrance.
            Aujourd’hui, demandons la grâce d’une profonde et véritable humilité. Considérons toutes les fois où nous avons occuper la première place, avons refusé de mourit à nous-même, où nous n’avons pas fléchi le genou au nom de Jésus et laissons-nous saisir par Dieu qui se fait petit pour nous rejoindre.
            Jésus que notre orgueil a blessé, ne tiens pas compte de nos offenses mais prends pitié de nous.
 
Oraison :
         Père infiniment bon, par cet acte gratuit et plein de compassion de Véronique à l'égard de ton Fils ployant sous le poids de la croix, tu nous appelles à ne pas rester indifférents face aux visages défigurés par la souffrance de nos frères, à faire quelque chose pour ces malades qui meurent par manque de soins, ces gens seuls ou rejetés, ces vieillards abandonnés et ces prisonniers auxquels personnes ne rend visite.
            Inspire nous des initiatives sans cesse renouvelées pour apaiser et soutenir leur douleur. Par Jésus ton Fils notre Seigneur.
 
 
Huitième station:
 Jésus console et exhorte les femmes de Jérusalem
 
"Le peuple, en grande foule suivait Jésus, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Lui. Il se retourna et leur dit: ' Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants! Car, si l'on traite ainsi l'arbre vert, que deviendra l'arbre sec?" (Lc 23, 27-28+31).
 
Frères et sœurs, le Sauveur oublie ses souffrances pour se souvenir de la peine qui afflige les femmes de Jérusalem. Ce sont nos péchés qui pèsent sur Jésus: mon refus à me convertir, ma double vie, mon manque de sérieux. Ce sont les mêmes choses qui reviennent et je ne change pas disons-nous souvent; je n'arrive pas à vivre en fils ou fille de Dieu.
Oui, nous avons perdu le sens du péché: ''l'absentéisme au travail'' se justifie par ''empêchement", la mode ''Sexy" devient "bipage", le "vol" se nomme "pillage" et le "détournement" se dit "se servir". Malgré ces mots nouveaux qui camouflent une certaine gravité des choses, la laideur du péché et sa puanteur demeurent …
Pleurons donc nos péchés en demeurant dans cet amour que Jésus a révélé par sa douloureuse passion, par sa sainte croix et par son sacrifice.
 
 
 
Oraison :
         Seigneur, bien qu'accablé par la souffrance, tu trouves la force de nous regarder avec des yeux d'amour et de nous consoler. Donne-nous la force de vaincre tout ce qui nous fait méconnaître ton divin amour; inspire nous l'horreur de toute méchanceté et aide nous à consoler les autre plutôt qu'à chercher à être consolés. Nous te le demandons à toi qui vis et règne pour les siècles des siècles. Amen!
 
 
Dixième station :
 Jésus est dépouillé de ses vêtements
 
            « Arrivés à un lieu dit Golgotha, c'est-à-dire dit du crâne, ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ; il en goûta et n’en voulut point boire. Quand ils l’eurent crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort. Puis s’étant assis, ils restaient là à le regarder » (Mt 27,33-36).
 
            « Ils se sont partagés mes vêtements et ils ont tiré ma robe au sort… » Cette prophétie du psalmiste trouve en Jésus son accomplissement. Jésus est dépouillé de tout et mis dan nudité d’une pauvreté absolue. De ses épaules ensanglantées, la robe est arrachée. Les plaies à nouveau s’ouvrent et saignent, et la douleur se répand sur son corps. Il était nu sur la paille et le voilà à nouveau dépouillé de tout pour mourir.
            Au moment où tu es dépouillé, Seigneur, nous nous sentons encombrés de beaucoup de choses qui nous empêchent de te rencontrer vraiment. Nous sommes parfois empêtrés dans nos relations, nos richesses, nos vies confortables, nos égoïsmes.
            Ô Jésus, dépouille nous de toute attache à la création et à nous-mêmes pour que nos esprits s’élèvent vers les réalités célestes.
 
Oraison :
         Seigneur Jésus, les soldats, en te dépouillant de tes vêtements, voulaient te tourner en dérision et bafouer ta dignité humaine. Mais tu te sers de cela aussi pour nous donner une leçon de dépouillement et de détachement des biens terrestres.
            Nous te supplions humblement pour tous ceux qui ont perdu le sens de la pudeur et expose leur corps. Accorde leur la grâce de savoir respecter la dignité de leur corps et remplis nous Seigneur, de ton Esprit Saint, afin qu'il arrache de nos cœurs l'amour effréné des biens de ce monde. Nous te le demandons, à toi qui vis et règne avec le Père dans l'unité du Saint Esprit, pour les siècles des siècles. Amen!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Douzième station :
« Jésus meurt sur la croix » (Mt 27,45-54)
 
« Il est mort pour nos péchés, lui qui n’a jamais fait le mal » (Is 53, 8-10).
 
Le Christ Jésus crucifié est compté au rang des malfaiteurs, lui qui, de condition divine, s’est abaissé pour nous sauver. Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, pour nous sauver, tu es venu parmi nous, et tu nous as donné l’exemple en t’abaissant jusqu’à mourir sur une croix.
Fais-nous croire Seigneur en ton pardon et en ton amour. Seigneur Jésus toi qui as offert ta vie pour nous, viens nous sauver. Accueille en ton paradis tous les fidèles défunts.              
 
Oraison :
         Seigneur Jésus, toi qui as pardonné à tes bourreaux avant de mourir, donne-nous le courage de pardonner pour qu'en notre cœur règne la paix, et de comprendre ceux qui nous ont du mal.
            Toi qui as connu l'angoisse de la solitude, prends pitié de nous quand nous sommes découragés de la vie et donne-nous d'aimer le Père en faisant jusqu'au bout sa volonté.
            Toi qui as connu la mort, accueille auprès du Père tous ceux qui vont passer la mort aujourd'hui. Nous te le demandons à toi qui vis et règne pour les siècles des siècles. Amen!
 
 
Quatorzième station :
L’ensevelissement de Jésus
 
            « Joseph d’Arimathie, un notable juif, attend le royaume de Dieu. Il va trouver Pilate pour lui demander le corps de Jésus. Pilate lui permit. Joseph achète un drap. Il descend Jésus de la croix, il l’enveloppe dans le drap et le place dans un tombeau creusé dans le rocher. Il roule la pierre devant l’entrée. Marie de Magdala et une autre femme regarde » (Mc 15,43-47).
 
            Tout est fini, le souffrant, l’offensé, le méprisé s’est endormi, ce n’est pas le moment d’être triste, sa mort est le gage de notre vie et rien ne peut détruire notre espérance.
            Oui le Seigneur nous a montré son amour ; sa disponibilité pour nous l’a conduit à la mort. Notre vie ne vaut que par l’amour que nous manifestons à l’image du serviteur souffrant.
            Comme Joseph d’Arimathie et les femmes qui accompagnent le Christ, soyons toujours disponibles pour servir les mourants, les malades, les sans abris et les méprisés de notre société.
            Aujourd’hui, ne condamne pas trop vite telle ou telle personne. Regarde ta faiblesse humaine et le grand amour de Dieu pour tous et fais miséricorde.
 
Oraison :
         Seigneur, notre Dieu, ton Fils Jésus s'est abaissé jusqu'à descendre dans une tombe pour nous relever; il est mort pour nous faire vivre; qu'il nous réveille maintenant de tout sommeil, qu'il nous relève de toute mort pour que nous vivions pour toi et marchions vers ton Royaume. Nous te le demandons, toi qui règnes avec lui et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen!
 
 
Commentaire conclusif
 
         Chers frères et sœurs, ce chemin de croix qui nous a introduits pas à pas dans le mystère de la Passion du Christ, nous a sons doute permis de prendre conscience de la nocivité et de la gravité de nos péchés mais surtout de méditer ces paroles du prophète Isaïe: " C'étaient nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé" (Is 53,4).
            En effet, sur la croix, Jésus a revêtu nos faiblesses pour nous en guérir, il guérit nos troubles par les siens et prend nos infirmités. Par là, il nous enseigne à mettre notre espérance en lui, à porter nos faiblesses à sa croix pour qu'il nous remplisse de sa force à lui. Car par sa passion non seulement il pardonne nos faiblesses mais aussi, il fortifie toujours plus nos âmes et nous greffe sur lui.
            Alors, ne nous lassons pas de pousser des cris d'appel à Jésus en croix pour lui demander de nous prendre en pitié, de nous secourir et de nous guérir.
            Puissions-nous tout au long de cette semaine, confier nos cœurs avec ses plaies, ses misères, ses besoins, à son cœur ouvert par la lance, et nous laisser modeler et guider par lui pour la plus grande gloire de Dieu et le salut du monde.


[1] Ab. Olivier Poly LOMPO, diacre.
par LOMPO Olivier Poly publié dans : Méditations
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Mercredi 13 février 2008
Homélie[1]
 Réf: Jon 3,1-10; Ps 50; Lc 11,29-32
 
         Chers frères et sœurs en Christ, dans l'évangile que nous venons d'écouter, Jésus donne en exemple la spontanéité des ninivites à se reconnaître pécheur et à se convertir, malgré la légèreté de Jonas. Aussi nous invite t-il à la pénitence, en insistant sur l'urgence de la conversion de chacun de nous ici présents en ces termes: « Cette génération est une génération mauvaise », autrement dit, une génération fermée à la parole de Dieu et donc insensible au péché. C'est pourquoi, lors du jugement, la reine de Saba qui est venue de l'extrémité du monde pour écouter la sagesse de Salomon et les habitants de Ninive qui se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; parce que la sagesse infinie lui-même, qui est bien plus que Salomon et Jonas, lui a parlé et elle n'a pas voulu écouter.
            Frères bien aimés de Dieu, ne fermons pas notre cœur mais écoutons et prenons à la lettre ces paroles que le Seigneur nous adresse aujourd'hui, pour essayer de nous amender sans complaisance et oser nous engager humblement et courageusement sur le chemin de la vraie pénitence chrétienne, qui est une lutte intérieure perpétuelle pour offrir à Dieu le sacrifice qui lui plait, c'est-à-dire, un esprit brisé, tout comme le dit le psalmiste: «  Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé ».
            Mais cela passe nécessairement par un effort de réforme et de transformation sans cesse renouvelé de notre être et de notre agir pour faire entrer en nous le règne de Dieu.
            A ce propos, d'un vieil ermite se racontait cette histoire: il se plaignait chaque jour parce qu'il avait beaucoup de choses à faire. Les gens lui demandaient: « comment est-ce possible que dans ta solitude, tu aies autant de travail? »
            Il leur répondit: « Je dois apprivoiser deux faucons, entraîner deux aigles, maintenir tranquilles deux lapins, surveiller un serpent, changer un âne et soumettre un lion ».
            « Nous ne voyons aucun animal près de la grotte où tu habites, rétorquèrent ses interlocuteurs. Où se trouvent donc ces animaux? » Alors l'ermite leur donna cette explication:
            Ces animaux nous les avons tous, vous aussi…
            Les deux faucons se lancent surtout ce qui se présente, le bon ou le mauvais. Je dois les apprivoiser pour qu'ils se lancent seulement sur la bonne proie: ce sont mes yeux.
            Les deux aigles avec leurs griffes blessent et déchirent. Je dois les entraîner pour qu'ils rendent service et aident sans blesser: ce sont mes deux mains.
            Et les lapins veulent aller là où leur plaît, fuir les autres et esquiver les choses difficiles. Je dois leur apprendre à rester tranquilles même là où il y a la souffrance, les problèmes ou n'importe quelle chose que je n'aime pas: ce sont mes deux pieds.
            Le plus difficile est de surveiller le serpent, même s'il se trouve enfermé dans la cage il est toujours prêt à mordre et à empoissonner tous ceux qui l'entourent dès que s'ouvre la cage. Si je ne le guette de près, il fait du mal: c'est ma langue.
            L'âne est le plus obstiné, il ne veut pas faire son devoir. Il prétend être fatigué et il ne veut pas porter sa charge de chaque jour: c'est mon corps.
            Enfin, j'ai besoin d'apprivoiser le lion; il veut être le roi, il veut être le premier, il est vaniteux et orgueilleux: c'est mon cœur.
 
            Oui! Cette histoire se passe de commentaire. Si nous désirons réellement, en ce temps de carême, réussir dans notre élan de conversion, il nous faut être hyper occupés comme ce vieil ermite, pour vaincre le mal à la racine et parvenir à une maîtrise de nous-mêmes et de tout ce qui est bon dans notre intérieur. Pour cela, la pénitence à laquelle nous invitent les textes liturgiques de ce jour, se révèle comme le moyen le plus efficace, car elle nous met davantage sur le chemin de Dieu et réalise déjà cette divine invitation: « Entre dans la joie de ton Seigneur ».
            Conscients donc de notre indignité et désirant de tout cœur marcher sur le chemin de la conversion, implorons pour nous-mêmes et pour le monde, en cette eucharistie, la grâce d'une conversion vraie et sincère, et demandons au Christ de nous prendre en pitié pour tous nos péchés, lui qui vit et règne pour les siècles des siècles.
Amen!
 
 
par LOMPO Olivier Poly publié dans : Homélies
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