La nouveauté des valeurs promues par la Pâque de Jésus!

Publié le par lompoly

Chers amis visiteurs du blog lompoly.over-blog.com, c’est avec un réel plaisir que je vous souhaite une très bonne fête pascale. Puisse la lumière du ressuscité être pour chacun de nous un guide infaillible qui nous conduira à notre pleine réalisation.

Par cet article, je voudrais méditer avec vous le mystère de la Pâque chrétienne afin de comprendre ce que la Pâque de Jésus apporte finalement de neuf par rapport à la Pâque Juive. Toutefois, l’intérêt n’est pas tant de savoir la nouveauté de la Pâque chrétienne, mais de comprendre ce que cette Pâque apporte de valeurs « transformantes » pour nous aujourd’hui qui avons soif de bonheur !

Avant de vous laisser partager ma réflexion permettez-moi de vous souffler ceci : « Le désir de Dieu est que l’homme soit heureux », moi en tout cas je le pense et j’y croix fermement.

La nouveauté des valeurs promues par la Pâque de Jésus

Aujourd’hui comme jadis les juifs célèbrent la Pâque par un repas familial rituel en mémoire de la sortie d’Egypte. Ainsi, avec la conscience prononcée de l’attente messianique, la Pâque va être célébrée en action de grâce à Dieu pour c198_0401.GIFette libération, dans l’attente de nouvelles délivrances. La Pâque ne cessera donc d’être la grande fête que l’on célébrera avec toute la solennité possible (2 Ch 30 ; 35 ; Esd 6 ; 19 ; 22).

Lorsque les temps furent accomplis, c’est dans ce cadre du repas pascal que Jésus institua la nouvelle Pâque qui réalise pleinement tout le régime ancien en le dépassant. Dans les lignes qui vont suivre,  Je me propose de jeter un regard sur cette nouveauté dans la relation de l’homme à Dieu et au prochain à travers la Pâque, l’alliance et l’enseignement de Jésus-Christ.

1.       Dans la relation de l’homme à Dieu

a.       La nouveauté de la Pâque de Jésus

Jésus voulait la Pâque juive meilleure, mais finalement il la supplante et l’accomplit. Déjà, tout au long de son ministère, les indices du déplacement de sens de la Pâque mosaïque, ont été nombreux dans ses paroles comme dans ses actes. « Nous avons ainsi la Pâque du fils unique, qui s’attarde auprès du saint des saints parce qu’il se sait là chez son Père (Lc 2, 41-51) ; la Pâque du nouveau temple, où Jésus purifie le sanctuaire provisoire et annonce le sanctuaire définitif, son corps ressuscité (Jn 2, 13-23 ; 1, 14. 51 ; 4, 21-24) ; la Pâque du pain multiplié, qui sera sa chair offerte en sacrifice (Jn 6, 51) ; enfin et surtout la Pâque du nouvel Agneau…»[1]. De fait, c’est par l’institution de l’Eucharistie que va s’accomplir la Pâque.

Pressentant sa mort imminente, Jésus institue un nouveau repas pascal au cours duquel il s’y donne en partage à ses disciples, en signe de l’alliance nouvelle annoncée par les prophètes. Il offre ainsi pour l’humanité son corps sous la forme du pain et son sang versé sous la forme du vin et décrit sa mort comme le sacrifice de la Pâque dont il est le nouvel Agneau (Mc 14, 22-24). C’est cette alliance du sang qui lie désormais Dieu et les hommes et célèbre le véritable exode de l’humanité.

b.       La nouveauté de l’alliance de Jésus-Christ

« Voici venir des jours – oracle de Yahvé – où je conclurai avec la maison d’Israël une alliance nouvelle » (Jr 31, 31ss). La note ‘‘h’’ de la Bible de Jérusalem relève que la nouveauté de l’alliance dont parle le prophète porte sur trois points : l’initiative divine du pardon des péchés (v. 34 ; Ez 36, 25. 29 ; Ps 51, 3-4 ; 9) ; la responsabilité et la rétribution personnelle (v. 29 ; Ez 14, 12ss) et enfin l’intériorisation de la religion : la loi cessant de n’être qu’une charte extérieure pour devenir une inspiration affectant le cœur de l’homme (v. 33 ; 24, 7 ; 32, 39) sous l’influence de l’Esprit de Dieu qui donne à l’homme un cœur nouveau, capable de connaître Dieu (Os 2, 22ss). C’est donc cette alliance nouvelle et éternelle que le Christ est venu inaugurer.

Conclue à l’institution de l’Eucharistie, elle sera effectivement scellée par la mort de Jésus sur la croix à l’heure même où l’on immolait au temple, les agneaux de la Pâque (cf. Jn 18, 28 ; 19, 14. 31. 42). Ainsi aux sacrifices d’animaux de l’alliance sinaïtique se substitue un sacrifice nouveau, dont le sang réalise efficacement une union définitive entre Dieu et les hommes. En d’autres termes, c’est lui qui, en personne, est l’alliance indissoluble entre Dieu et l’humanité. Dès lors, nous pouvons saisir davantage le sens des béatitudes.

c.        La ligne verticale des béatitudes

Les béatitudes (cf. Mt 5, 3-12 ; Lc 6, 20-26) nous offrent le programme du bonheur chrétien à savoir que « le désir de Dieu est que l’homme soit heureux, et c’est tout à la fois une promesse et un chemin de bonheur »[2]. Ce double mouvement des béatitudes comme promesse et comme chemin nous oriente respectivement vers la ligne verticale et horizontale des béatitudes.

Comme promesse de bonheur, les béatitudes présentent la réalisation de la justice attendue par les prophètes dans le oui de Jésus aux promesses de l’Ancien Testament : les affamés seront rassasiés, les affligés consolés, les miséricordieux traités selon leur miséricorde. D’autre part, elles révèlent que ce bonheur de l’homme n’est pas d’abord le fruit de son propre effort mais bien l’accueil d’un don de Dieu. C’est en cela que les pauvres sont seuls capables de par leur pauvreté intérieure d’accueillir la volonté divine de conversion et de salut du monde. Car au lieu de se refermer sur leur suffisance, ils s’ouvrent au Christ et le reçoivent comme le don de Dieu aux hommes. Finalement la morale des béatitudes est celle du Royaume de Dieu, qui n’est autre chose que l’amour de Dieu et celui du prochain.

2.       Dans la relation de l’homme au prochain

a.       La ligne horizontale des béatitudes

Le règne de Dieu, qui est essentiellement communication de l’amour divin, implique une vie d’amour et de partage entre tous ses membres. Ainsi, le chemin du bonheur dont le tracé est suggéré par les béatitudes dans un ensemble d’attitudes du cœur (miséricorde, volonté de paix et de situations difficiles) engage l’homme dans l’accomplissement de la loi. L’accomplissement d’une loi qui ne consiste pas à une pratique pharisaïque de prescriptions, de conseils précis, mais à la mise en exploitation par les pauvres, dans leur vie de chaque jour, du don qu’ils ont accueilli dans la personne du Christ qui se présente comme celui en qui s’accomplit pleinement l’aspiration au bonheur. Plus encore, le Christ a voulu vivre parfaitement l’esprit des béatitudes en se montrant « doux et humble de cœur » (Mt 11, 29), dans sa vie et jusque dans sa mort.

Enfin, la morale du bonheur qu’inspirent les béatitudes n’invite pas à un effort moral ayant valeur par lui-même. Elle propose plutôt un don gratuit de Dieu, celui d’une communion de vie et de joie avec lui. Aussi son accueil passe-t-il nécessairement par le commandement de l’amour de Dieu et du prochain. Mais quel sens Jésus donne-t-il au prochain ?

b.       La nouveauté de la vision du prochain

Dans l’Ancien Testament, l’horizon de la loi ne dépassait guère le peuple d’Israël quand bien même l’étranger résidant n’est pas exclu du commandement de l’amour (cf. Lv 19, 34 ; 17, 8. 10. 13). Somme toute, le prochain c’est le frère ou dans le cas échéant le proche comme témoigne cette question du légiste à Jésus : « et qui est mon prochain ? » (Lc 10, 29), qui laisse supposer qu’il assimilait encore prochain au frère.

C’est alors que Jésus va définitivement révolutionner la notion du prochain en lui donnant son sens plénier à travers la parabole du bon Samaritain (Lc 10, 29-37). Les présupposés de la question du légiste lui offrent l’occasion de consacrer le double commandement de l’amour et de préciser par ailleurs qu’« à ces deux commandements se rattache toute la loi, ainsi que tous les prophètes » (Mt 22, 40 ; cf. Ga 5, 14 ; Rm 13, 8ss). L’exigence de cette loi d’amour s’étend jusqu’aux ennemis (Mt 5, 43-48). La parabole du bon Samaritain qui vient en illustration pratique du prochain est sans équivoque : ce n’est pas à moi de décider qui est mon prochain, c’est à chacun de faire en sorte que l’autre devienne prochain.

Tout en refusant de renfermer le prochain dans un cadrage précis et définitif, Jésus ne donne pas moins à l’amour universel un caractère concret en montrant qu’il s’adresse à tout homme que Dieu met sur le chemin de chacun.

c.        Le nouveau commandement de Jésus

A la suite du double commandement de l’amour, Jésus donne à ses disciples un commandement nouveau : « Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres » (Jn 13, 34). Mais en quoi cette affirmation comporte-t-elle une nouveauté radicale dans l’ordre de l’éthique ? 

En tout état de cause, la nouveauté de cette loi de charité réside dans le fait qu’elle constitue comme la marque distinctive des temps nouveaux, inaugurés et révélés par la mort de Jésus. Lorsque le chrétien découvre par la foi que celui qui donne sa vie, se trouve être le Fils Unique de Dieu, le sacrifice consommé lui est alors dévoilé dans sa valeur infinie, transcendant toute action humaine si prestigieuse soit-elle. Par conséquent, rigoureusement inimitable car appartenant à la puissance et au mystère de Dieu. C’est ce que rappelait le pape Léon XIII dans son encyclique sapientae christianae : « Le divin législateur a appelé ce commandement nouveau, non pas parce que l’amour mutuel n’aurait pas été prescrit par une loi et par la nature elle-même, mais parce que la manière d’aimer était complètement nouvelle et inouïe de mémoire d’homme ». N’est-ce pas ce que St. Jean rappelle dans le passage de son évangile qui suit immédiatement la proclamation du commandement nouveau : « ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père et vous en moi et moi en vous » (14, 20) ?

Il y a là en effet, un nouveau régime qui tranche nettement avec le régime mosaïque dans un dépassement accomplissant. Un nouveau régime qui requiert un changement de comportement et engage la façon de vivre des disciples du Christ dans la communauté.

 

Extrait du mémoire de Théologie du Père Olivier Poly LOMPO, Le Chrétien moaga face au changement de ses valeurs traditionnelles (Apport éthico-théologique et pastoral pour un discipulat incarné dans le dioèce de Kaya), Ouagadougou, Juin 2007, P25-28.

 


[1]  AA. VV., Vocabulaire de théologie Biblique, Cerf, Paris 1988, Article Pâque, p. 889.

[2] AA. VV., Théo, l’encyclopédie catholique pour tous, Droguet, Armand / Fayard, Paris 1992, Article béatitude, p. 775.

Publié dans Théologie

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powered website 30/07/2014 13:28

The comparative study of the Passover in Old and New Testaments are one of my favorite topics. We can find this fact that Jesus is the fulfillment of all the prophesies. I am sure that every Christian used to face a question that why is he or she not obeying certain rules in the Old Testament.