L'amour, condition essentielle et préalable de toute charge pastorale (Jn 21,15-19)
Jn 21, 15-19
A la lecture de cette page d’évangile, point n’est besoin d’être politologue pour lire la déception combien grande dans le camp du jeune apôtre Jean, candidat à l’investiture de la primature apostolique. Pourtant, en toute objectivité il devait passer haut les mains devant le seul rival sérieux du groupe, Simon surnommé Pierre. Et pour cause, il est de la trempe de Barak Obama c'est-à-dire jeune, beau, intelligent, mais aussi assez bon pêcheur pour être un excellent pêcheur d’homme ; sans compter qu’il jouit de la faveur affective de Jésus. Alors que Pierre est non seulement vieux et fatigué, mais en plus son niveau d’instruction ne lui laissait aucune chance.
Et voilà que contre tout attente, celui dont
on croyait être au plus bas dans les sondages et dont le triple reniement avait fait chuter la côte de popularité vient d’être consacré primat des apôtres, chargé de conduire tout le troupeau du
maître. Et cela à l’issu d’un test pour le moins surprenant. Rien sur le leadership, la bonne gouvernance, la politique extérieure et intérieure. Tout était axé sur l’amour, posé comme condition
essentielle et préalable à toute charge pastorale et à tout effort d’évangélisation.
Chers lecteurs, cette investiture, qui s’enracine et se déploie dans la relation personnelle au Christ, allait vraiment ressembler à
une véritable promotion couronnant l’endurance de l’apôtre si Jésus n’avait pas ajouté ceci : « Quand tu étais jeune tu mettais ta ceinture
toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettras ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas
aller » . Et l’évangéliste s’empresse d’ajouter que Jésus signifiait par là le genre de mort par lequel Pierre allait rendre gloire à Dieu.
Oui ! Pierre ne se fait pas d’illusions. Il comprend sans d’autres explications qu’il vient d’être investi d’un rôle de serviteur qui va le conduire au dessaisissement de sa liberté, au don total de sa vie à l’instar du maître, pour le bien du troupeau dont il vient de recevoir la charge.
Tout au long de la cinquantaine pascale, le ressuscité a pu s’enquérir du degré d’attachement de chacun de nous à son égard. Il nous a soumis au même test que Pierre : « Pierre claver, Jean, Jeanne, Janine…est-ce que tu m’aimes ? » C’est donc en connaissance de cause qu’il parle ce matin à ton cœur en te disant : « j’ai un poste pour toi aussi, l’accepteras tu ? ».
A vrai dire, le poste que le Seigneur te propose est, pour ainsi dire, stratégique pour la réalisation de sa politique extérieure. Il s’agit d’un poste d’ambassadeur auprès de ceux qui vivent avec toi et autour de toi. Puisses-tu prendre au sérieux le cahier de charges à toi confier, dont les grands traits sont ainsi formulés : Témoignes de la résurrection par ta manière d’être, répands sans tarder la Bonne Nouvelle , sois un médium puissant d’amour, de joie et de bonheur dans ton milieu de vie.
La réalisation de cette mission va sans doute nous demander un surplus de travail, d’effort et un don de soi de plus en plus total. Mais ne craignons pas. Le maître promet de nous envoyer une aide, son Esprit saint avec qui nous sommes appelés à travailler en synergie, et en qui nous pouvons avoir le numéro du téléphone vert du Seigneur, pour le joindre permanemment et traiter les dossiers les plus lourds et les plus brûlants.
Disposons donc nos cœurs à l’accueillir pour obtenir le courage nécessaire de parler de ce Jésus Christ qui est mort et ressuscité pour le salut de l’humanité, et que nous témoignions qu’il a transformé nos vies.
Viens, Esprit Saint remplir nos cœurs de ta charité parfaite pour que l’amour soit à jamais inscrit sur les frontons de nos ambassades.
Abbé Olivier Poly LOMPO
Diacre
Grand séminaire St. Jean Baptiste
Ouagadougou