L'urgence de la conversion!
Homélie
Réf: Jon 3,1-10; Ps 50; Lc 11,29-32
Chers frères et sœurs en Christ, dans l'évangile que nous venons d'écouter, Jésus donne en exemple la spontanéité des ninivites à se reconnaître pécheur et à se convertir, malgré la légèreté de Jonas. Aussi nous invite t-il à la pénitence, en insistant sur l'urgence de la conversion de chacun de nous ici présents en ces termes: « Cette génération est une génération mauvaise », autrement dit, une génération fermée à la parole de Dieu et donc insensible au péché. C'est pourquoi, lors du jugement, la reine de Saba qui est venue de l'extrémité du monde pour écouter la sagesse de Salomon et les habitants de Ninive qui se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; parce que la sagesse infinie lui-même, qui est bien plus que Salomon et Jonas, lui a parlé et elle n'a pas voulu écouter.
Frères bien aimés de Dieu, ne fermons pas notre cœur mais écoutons et prenons à la lettre ces paroles que le Seigneur nous adresse aujourd'hui, pour essayer de nous amender sans complaisance et oser nous engager humblement et courageusement sur le chemin de la vraie pénitence chrétienne, qui est une lutte intérieure perpétuelle pour offrir à Dieu le sacrifice qui lui plait, c'est-à-dire, un esprit brisé, tout comme le dit le psalmiste: « Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé ».
Mais cela passe nécessairement par un effort de réforme et de transformation sans cesse renouvelé de notre être et de notre agir pour faire entrer en nous le règne de Dieu.
A ce propos, d'un vieil ermite se racontait cette histoire: il se plaignait chaque jour parce qu'il avait beaucoup de choses à faire. Les gens lui demandaient: « comment est-ce possible que dans ta solitude, tu aies autant de travail? »
Il leur répondit: « Je dois apprivoiser deux faucons, entraîner deux aigles, maintenir tranquilles deux lapins, surveiller un serpent, changer un âne et soumettre un lion ».
« Nous ne voyons aucun animal près de la grotte où tu habites, rétorquèrent ses interlocuteurs. Où se trouvent donc ces animaux? » Alors l'ermite leur donna cette explication:
Ces animaux nous les avons tous, vous aussi…
Les deux faucons se lancent surtout ce qui se présente, le bon ou le mauvais. Je dois les apprivoiser pour qu'ils se lancent seulement sur la bonne proie: ce sont mes yeux.
Les deux aigles avec leurs griffes blessent et déchirent. Je dois les entraîner pour qu'ils rendent service et aident sans blesser: ce sont mes deux mains.
Et les lapins veulent aller là où leur plaît, fuir les autres et esquiver les choses difficiles. Je dois leur apprendre à rester tranquilles même là où il y a la souffrance, les problèmes ou n'importe quelle chose que je n'aime pas: ce sont mes deux pieds.
Le plus difficile est de surveiller le serpent, même s'il se trouve enfermé dans la cage il est toujours prêt à mordre et à empoissonner tous ceux qui l'entourent dès que s'ouvre la cage. Si je ne le guette de près, il fait du mal: c'est ma langue.
L'âne est le plus obstiné, il ne veut pas faire son devoir. Il prétend être fatigué et il ne veut pas porter sa charge de chaque jour: c'est mon corps.
Enfin, j'ai besoin d'apprivoiser le lion; il veut être le roi, il veut être le premier, il est vaniteux et orgueilleux: c'est mon cœur.
Oui! Cette histoire se passe de commentaire. Si nous désirons réellement, en ce temps de carême, réussir dans notre élan de conversion, il nous faut être hyper occupés comme ce vieil ermite, pour vaincre le mal à la racine et parvenir à une maîtrise de nous-mêmes et de tout ce qui est bon dans notre intérieur. Pour cela, la pénitence à laquelle nous invitent les textes liturgiques de ce jour, se révèle comme le moyen le plus efficace, car elle nous met davantage sur le chemin de Dieu et réalise déjà cette divine invitation: « Entre dans la joie de ton Seigneur ».
Conscients donc de notre indignité et désirant de tout cœur marcher sur le chemin de la conversion, implorons pour nous-mêmes et pour le monde, en cette eucharistie, la grâce d'une conversion vraie et sincère, et demandons au Christ de nous prendre en pitié pour tous nos péchés, lui qui vit et règne pour les siècles des siècles.
Amen!
Père Olivier Poly LOMPO
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